Une rentrée placée sous le signe de la qualité pour l’EPS et le sport scolaire ?

Durant toute l’année scolaire précédente, l’École a été soumise à rude épreuve et les personnels ont terminé l’année dans un état de fatigue rarement atteint.

La rentrée 2021 est de nouveau marquée par le manque d’anticipation du ministère et la confusion de sa politique éducative pour faire face à cette crise sanitaire qui se prolonge. Par ailleurs, alors que cette rentrée aurait nécessité la mise en place d’un plan d’urgence et la création massive de postes pour l’éducation, dans un contexte qui a rendu plus compliquée la progression des apprentissages, le ministère poursuit une politique qui va à rebours des besoins du service public :

  • Refus de créer un collectif budgétaire pour la création de postes d’enseignant.es, de CPE, AED, AESH, de PsyEN, de RASED, de personnels administratifs, techniques, santé et sociaux dans les écoles, les établissements et les services pour répondre aux besoins et annuler les suppressions de postes notamment dans le 2d degré où le déploiement d’heures supplémentaires est une réponse inadaptée.
  • Publication de la circulaire de rentrée sans qu’aucune concertation préalable n’ait été organisée. De plus, son contenu relève davantage de la promotion de la politique ministérielle.

Encore une fois, le ministre est dans le déni de réalité en refusant de prendre les mesures nécessaires. Cette absence d’anticipation et de prise de décisions est irresponsable au regard des enjeux de gestion et de sortie de crise. Et la polémique qu’il a lui-même lancé cet été, après les très bons résultats des sports collectifs aux Jeux Olympiques de Tokyo (« Vive le sport collectif ! Vive l’EPS ! Le succès de nos équipe françaises illustre la qualité de l’enseignement de ces sports à l’école ») a fait beaucoup réagir le monde fédéral ainsi que la profession. Si historiquement il peut y avoir un fond de vérité dans le développement des sports collectifs en France, l’action de ce gouvernement et du précédent a été, au contraire, de réduire les synergies possibles et de diminuer assez drastiquement la part de l’enseignement des sports collectifs à l’Ecole au prétexte d’un équilibre entre les formes de pratiques. On est en droit de se demander si ce tweet ne cherchait pas justement à créer la confusion entre le sport à l’école et le sport fédéral … Pour le SNEP-FSU il n’y a aucun doute sur le fait que chacun a son rôle à jouer. Oui pour le développement du sport pour toutes et tous nous sommes bien complémentaires. Et le sport scolaire et les sections sportives scolaires sont bien à l’interface des deux entités que sont l’école et le monde sportif. Au-delà des effets d’annonces et des stratégies de com’ gouvernementales, des moyens plus conséquents et ambitieux pour mieux les développer doivent leur être attribués.

Au sein de nos établissements, c’est l’heure de la reprise en EPS et dans les AS, le protocole sanitaire paru en août apporte des éléments mais laisse encore place à interprétations et sur-prescriptions. Pour le moment pas de pass’ sanitaire obligatoire pour accéder aux installations sportives. Et la bonne rentrée du sport scolaire ne pourra se faire sans la reprise des rencontres et des compétitions.

Le SNEP-FSU Versailles souhaite à toutes les équipes EPS de notre académie, une rentrée militante réussie. Ensemble jouons collectif pour défendre une EPS et un sport scolaire mieux reconnus et plus performants dans une école égalitaire favorable à la réussite de tous nos élèves.

Mélanie