Flash info spécial Lycée – académie de Versailles

Remontée des nouveaux référentiels pour le BAC 2021 : laissons-nous du temps !

Des réunions pour la mise en place des nouvelles modalités du CCF pour le bac EPS 2021 ont été organisées avant la période de confinement. La 3ème réunion n’a pas pu se tenir dans tous les départements. L’inspection a renvoyé, il y a quelques jours, via les coordonnateurs FPC (?), le calendrier et les documents de cadrage sur le sujet.

Tous les enseignants des lycées de l’académie de Versailles ont donc bien pris connaissance de la demande de l’inspection, c’est-à-dire, produire et rendre les nouveaux référentiels la 2ème quinzaine de mai (au moins au minimum un référentiel par champ d’apprentissage).

Un temps trop contraint par la gestion de la situation exceptionnelle actuelle.

Nous n’avons en effet pas d’élèves en présentiel pendant cette période de confinement mais l’ensemble de la profession se mobilise pour assurer une continuité éducative et un lien avec les élèves. Les enseignants, tout en gérant leur situation personnelle, prennent du temps et ont une charge de travail importante pour assurer toute leur mission (conseil de classe, professeur principal…).

Cette dernière limite la disponibilité pour la tâche nouvelle et supplémentaire d’écrire des référentiels d’évaluation en lieu et place du législateur.

La nécessité d’un vrai travail collectif pour répondre à cette commande !

Travailler sur de nouvelles grilles d’évaluation demande aussi du temps et surtout d’avoir la possibilité d’échanger et de travailler collectivement en équipe et en présentiel, ce qui ne peut être le cas en ce moment.

Une réforme qui, sur le fond, ne nous convient pas !

De nombreux points nous posent toujours des problèmes importants que l’on ne peut résoudre aussi vite car ils remettent en cause le fondement du métier et de la discipline.

Le SNEP-FSU revendique en effet :

  • Un retour à des exigences définies nationalement par APSA
  • Une répartition des points qui redonne toute sa place à l’évaluation de la « motricité »
  • Un CCF avec une organisation réalisable et des critères objectifs
  • Une évaluation qui garantit l’égalité de tous les élèves face à l’examen sur l’ensemble du territoire.

Le SNEP-FSU Versailles appelle la profession à ne pas renvoyer les protocoles mi-mai. Nous devons avoir plus de temps pour travailler et analyser ce qui nous est proposé. Refusons de rentrer aussi rapidement et brutalement dans l’application de ces nouveaux textes, dont le contenu crée des cas de consciences professionnelles. Ne pas rendre les référentiels est donc aussi une façon de ne pas cautionner ce qui nous est proposé et de signifier à l’institution notre désaccord. En lieu et place d’une réponse individuelle aux injonctions, le SNEP vous propose une action collective :

Le SNEP-FSU Versailles appelle la profession, pour l’instant, à ne pas rendre les protocoles demandés par l’institution avant la date de remontée des notes du CCF EPS 2020.

Le SNEP-FSU Versailles appelle la profession à interpeller les IPR sur ce sujet par le biais d’un courrier : nous vous enverrons ce modèle de lettre au retour des vacances.

Dans l’attente, prenez bien soin de vous et vos proches !

Le SNEP-FSU Versailles

Pourquoi ne pas faire remonter les référentiels ?
  • Parce que la plus grande partie des collègues (Cf. enquête du SNEP réalisée au 1er trimestre) ne se retrouvent pas dans ces nouveaux textes : perte de la place de la motricité dans la répartition de points, usine à gaz avec le choix des élèves dans les AFL2 et 3 et disparition d’exigences définies nationalement par APSA.
  • Parce que nous ne voulons pas renoncer à un service public de l’EPS, ambitieux et égal pour tous les élèves sur l’ensemble du territoire.
  • Parce que ce référentiel, au motif pervers d’équité, promeut l’adaptabilité des exigences aux conditions d’enseignement est un recul dangereux qui s’accommode des inégalités, comment ensuite revendiquer des horaires, des installations, des effectifs allégés pour que tous nos élèves apprennent plus et mieux.
  • Parce que la pression mise aux collègues, dans certaines académies, est inacceptable. Elle met artificiellement les équipes dans l’urgence, ce qui génère souffrances, tensions dans les équipes et finalement perte de sens du métier qui devient plus administratif que pédagogique.
  • Parce que le SNEP-FSU exige la réécriture de la circulaire en continuant à interpeller les instances ministérielles et le comité de suivi de réforme. À la suite de nos alertes, les choses bougent. Ces instances se sont saisies à nouveau de ce dossier. De plus, des universitaires réagissent aussi : LIRE L’ARTICLE DE DIDIER DELIGNIERES  « L’évaluation de l’EPS au baccalauréat : trois pas en arrière »
  • La forte contestation des E3C qui présente des traits communs avec ce que veut nous proposer le futur CCF (choix des sujets à l’échelle locale) a amené l’IG à proposer des modifications.
  • Parce que cette réforme du BAC EPS est mise en place dans la précipitation et qu’il n’y a aucune réelle nécessité de le changer dès l’an prochain. Les derniers référentiels datent seulement de 2018 (Circulaire du 18/06/2018) et rentrent sans aucun problème dans les modalités d’organisation du nouveau BAC en EPS (BO n°31 du 29/08/19). Nos élèves actuels de 1eres ne sont d’ailleurs pas préparés à ces nouvelles épreuves !!!