Edito

Le silence et la résignation doivent laisser place aux résistances !

Si « le secret de gouverner est de fermer les yeux sur ce qu’il ne faut ni voir ni savoir » (Jean Guitton), alors le monde est sur la bonne voie. En effet, la communauté internationale a trop longtemps préféré se voiler la face sur le sort réservé aux migrants. Entre l’esclavagisme, le trafic d’êtres humains, les sévices corporels et psychologiques qu’ils vivent, nous ne préservons plus le droit à la dignité humaine. C’est toujours plus facile de se taire et de jouer aux aveugles. D’ailleurs, « l’infortune des malheureux serait peu de chose sans notre indifférence. Il n’y a que les hommes pour fermer les yeux sur la souffrance des autres » (JP Pinsonneault). Cela ne peut plus durer, nous devons dénoncer haut et fort ses atrocités et agir pour qu’elles cessent.

Revenons à la France, qui se complaît aussi dans le proverbe : « je ne vois rien, j’entends rien et je ne dis rien » ! Le projet de loi de finance 2018 prévu doit satisfaire tous les Français. Si quelques mesures sont envisagées, il semble dans le même temps que les « riches » ont encore une fois tout à y gagner. Les réformes concernant l’ISF, transformées en IFI et l’instauration d’une « flat tax » de 30% sur les revenus du capital sont mises en place pour      « créer des richesses avant de les redistribuer au service de la croissance et de l’emploi » (B. Le Maire, Ministre de l’économie et des finances). Pourtant, cet argument est rejeté par l’ONG Oxfam qui précise que le gouvernement se prive d’importantes recettes. Cela nous renvoie aussi aux nouveaux scandales des « paradise papers ». Certes, ceux-ci révèlent des placements dits légaux, mais ils dévoilent surtout une immoralité. Est-ce normal d’accepter que de grandes fortunes se soustraient à l’impôt tout en profitant des avantages sociaux et sanitaires de la France, lorsque le « pauvre » citoyen lambda n’a pas d’autre choix que de les payer ?

Selon les calculs de l’économiste Gabriel Zucman, l’évasion fiscale coûte 350 milliards d’euros aux Etats du monde entier, 20 milliards pour la France. Et après, on nous rabâche que la Fonction Publique coûte cher !!! Il est reconnu qu’il est préférable de couper les finances d’un service public si l’on veut qu’il dysfonctionne. Il semblerait que nous prenions dangereusement cette voie.

Nous devons donc ouvrir grand les yeux et nous faire entendre, chacun à notre échelle, pour obtenir des conditions de vie et de travail dignes de ce nom. Mobilisons-nous pour une autre politique économique, sociale et éducative, en proposant des contenus ambitieux en EPS et à l’école, en refusant la précarité des emplois, en préférant un recrutement massif de collègues titulaires plutôt que d’accepter les HSA.

Refusons la discordance entre les propos tenus par M. Blanquer, (« Conciliant plaisir et effort le sport est un formidable vecteur éducatif. Il constitue avec la culture, un pilier essentiel de l’école de la confiance que nous voulons ») et la réalité de terrain. En effet, à l’heure où la France vient d’obtenir les JOP de 2024 et où nos équipes nationales forment l’emblème des ambitions de réussite tricolores et le porte-drapeau politique des gouvernements en place, la baisse record de 7 % du budget des sports 2018 et l’absence d’épreuves spécifiques EPS aux épreuves finales du DNB vont à l’encontre des dires du Ministre. La duperie a assez duré, alors maintenant passons à : « je vois tout, j’entends tout et je dis tout » en cessant la langue de bois.

Rozenn