Edito

Des choix de politique sportive contraires aux enjeux sociétaux

Alors qu’une étude récente de l’OCDE démontre que l’activité sportive est bénéfique pour la santé physique et mentale des adolescents mais qu’en moins d’un demi-siècle, les enfants ont perdu 25% de leurs capacités cardiovasculaires entrainant des problèmes d’hypertension qui n’existaient pas chez les jeunes auparavant ;

Alors que l’enquête ESTEBAN révèle que le niveau global d’activité physique des enfants âgés de 6 à 10 ans a diminué ces 10 dernières années, multipliant ainsi le pourcentage d’enfants inactifs et que les cours d’EPS représentent « la » source importante d’activité physique pour tous, touchant 8 ados sur 10 sans distinction sociale ;

Alors que la loi d’orientation de 2013 précise que : « L’éducation physique et sportive doit contribuer à la rénovation du système éducatif, à la lutte contre l’échec scolaire, à l’éducation à la santé et à la citoyenneté et à la réduction des inégalités sociales et culturelles » et que le plan « Egalité et citoyenneté » affirme que dès le plus jeune âge, c’est par le sport que chacun fait l’expérience concrète des valeurs de solidarité, d’entraide et de tolérance, mais aussi de l’effort et du dépassement de soi ;

Et enfin, alors que le nombre d’élèves dans le second degré pour la rentrée prochaine va une fois encore augmenter (plus 5212 élèves attendus dans notre académie avec un même nombre d’enseignants EPS à attendre) …

… Les choix en matière de politique éducative et sportive de ce gouvernement ne répondent nullement aux besoins réels croissants que nous constatons chaque jour sur le terrain. Pire, les diverses mesures déjà annoncées vont affaiblir un peu plus encore la place de la pratique sportive à l’école, réduisant ainsi les effets jugés pourtant si bénéfiques et profitables à la réussite scolaire de tous nos élèves :

  • Avec un recrutement aux concours EPS largement insuffisant au regard des besoins (-140 postes en deux ans et près de 60000 élèves supplémentaires pourtant comptabilisés dans le même temps)
  • Avec une augmentation significative du taux d’HSA dans les dotations horaires 2019,
  • Avec la disparition d’une évaluation spécifique EPS au DNB,
  • Avec des programmes collèges/lycées en nette régression d’un point de vu des savoirs à transmettre,
  • Avec l’horaire de pratique sportive diminué en lycée pro et fragilisé en lycée général où notre discipline est la seule absente des enseignements de spécialité dans la réforme lycées qui risque fort d’impacter l’option facultative EPS et la pratique sportive volontaire à l’UNSS du mercredi après-midi,

Ces choix, avant tout de nature économique, sont bien loin de nous redonner la confiance que pourtant « l’école Blanquer » dit vouloir faire loi…

En termes de conditions favorables d’accès à l’enseignement des pratiques sportives et artistiques, ce n’est pas du tout, ce que le SNEP-FSU Versailles espère voir offrir à tous les élèves de notre académie !  Après le mouvement unitaire et interprofessionnel du 19 mars dernier, le SNEP-FSU Versailles appelle le samedi 30 mars, tous les collègues à participer à ses côtés à la manifestation nationale en faveur de l’éducation, pour faire de cette journée une réussite revendicative forte contre le dérèglement pédagogique infligé, par les politiques actuelles, à l’école publique.

Éric