Intervention – au nom du SNEP 78 - de Jean Fayemendy, professeur d’EPS au Collège A. Dumas de MAUREPAS, membre du Conseil d’Administration de l’UNSS.

 

Assemblée Générale UNSS – rentrée septembre 2011.

 

Nous avons pris la bonne habitude, en tant qu’administrateur de l’UNSS, d’informer les collègues qu’ils soient animateurs d’AS, coordonnateurs de district, directrices ou directeurs de service départemental ou régional de l’UNSS – de l’actualité du sport scolaire du second degré, d’en souligner les enjeux qui, de notre point de vue, nous semblent essentiels par leur portée et leur signification. Donner à voir et à comprendre des évènements ou des décisions qui concernent l’exercice de notre métier et le respect de notre professionnalité dans le cadre du sport scolaire permet ainsi à chaque collègue de se faire sa propre opinion et d’être actrice et acteur du service public du sport scolaire qu’est l’UNSS.

 

Parmi ces évènements ou décisions les plus récents, le SNEP pense utile d’attirer votre attention sur ceux qui, pris séparément ou ramassés collectivement, nous semblent les plus marquants pour le sport scolaire du second degré : le désengagement financier de l’Etat, la hausse constante de la contribution des AS et des familles, le changement de posture de l’UNSS et le prochain « plan quadriennal d’orientation » de l’UNSS.

 

A)   le désengagement financier de l’Etat : la preuve par 4

 

1- en ne remplaçant pas, sur les 6 dernières années, près de 5 000 enseignants d’EPS, l’Etat et le ministre de l’Education Nationale ont supprimé  autant de forfaits de 3h d’AS, privant le sport scolaire et l’UNSS d’un nombre équivalent d’animateurs d’AS.

 

2- pour 2011, le Ministre de l’Education nationale, président de l’UNSS, a réduit de 5% la subvention de son ministère à l’UNSS et son représentant au Conseil d’Administration a laissé entendre qu’une nouvelle baisse de 5% pourrait intervenir en 2012. De son côté, la ministre des Sports n’est pas en reste : - 7,5% pour la subvention de son ministère.

 

3- en l’espace de 14 mois (du 1.11.09 au 31.12.10), le Ministère de l’Education nationale s’est défaussé – pour payer les salaires de nos collègues directrices et directeurs des services de l’UNSS - de quelque 155 000 euros sur les fonds propres de l’UNSS. Et cela alors que l’EN s’était engagée à compenser, chaque année et à l’euro près, les salaires de nos collègues désormais en position de détachement et salariés de droit privé de l’UNSS.

 

4- enfin, le Directeur nationale de l’UNSS a confirmé à la délégation du SNEP qu’il recevait Jeudi dernier 8 septembre la suppression de 3 postes de Directeur ou de Directeur Adjoint de Service Régional (Nice, Poitiers et Nouvelle Calédonie), en affirmant qu’il assumait ces économies budgétaires avec le Ministère de l’EN : il a cru devoir comparer le non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite à la mesure visant l’UNSS (3 postes non pourvus pour 11 départs de l’UNSS). Ce propos laisse présager de nouvelles suppressions alors que convention liant le Ministère de l’Education Nationale et l’UNSS stipule que le MEN s’engage à permettre « le détachement auprès de l’UNSS de fonctionnaires pour un effectif de 183 équivalents temps plein », effectif qui servait jusqu’alors de référence officielle.

 

B)   Le désengagement financier de l’Etat s’accompagne de la hausse constante de la contribution des familles et des AS

 

L’augmentation de près de 20% du prix des licences, décidée par la majorité du Conseil d’Administration et de l’Assemblée Générale de l’UNSS (contre l’avis du SNEP et des élu-e-s des AS), a pris effet à la rentrée 2010.

 

Et pour la prochaine rentrée, la même majorité a décidé de supprimer la licence « plein tarif » (autrement appelée licence individuelle) en assortissant cette mesure du dispositif suivant : les quelque 1 750 AS concernées devront s’acquitter – au titre de l’année scolaire 2011 / 2012 – de la même somme que celle réglée par chacune d’entre elles en 2010 / 2011 majorée de 100 euros par AS !

 

Dans les 2 cas, ce sont les familles et les AS qui sont mises à contribution : en 3 ans, la part de leur contribution au budget de l’UNSS est passé de 67% à plus de 73% (il est d’ailleurs probable qu’en 2011, la part des familles et des AS atteignent 75% !).

Que les choses soient claires : le SNEP n’a jamais revendiqué la gratuité de la licence UNSS mais s’oppose à ce que l’Etat fasse les poches des familles et des AS pour compenser son désengagement. Par ailleurs, le SNEP avait formulé des propositions et une méthode pour examiner, notamment avec les collègues des AS concernées, la mise en place d’un contrat « premier niveau » en place et lieu des licences « plein tarif ». Mais le Directeur de l’UNSS a préféré passer outre …

 

Il faut souligner que cet apport financier supplémentaire important des familles et des AS n’entraîne – dans le budget national de l’UNSS - pas la moindre augmentation des crédits d’animation sportive pour les AS, crédits qui seront reversés en 2011-2012 par la Direction Nationale. Nos collègues coordonnateurs de district sont bien placés, eux dont les mérites sont si souvent vantés et la fonction et les responsabilités sont si peu reconnues, pour mesurer les conséquences en termes de nombre de rencontres et de circuits de cars.

 

C)   le changement de posture de l’UNSS

 

Le désengagement financier progressif de l’Etat que je viens d’évoquer s’accompagne également de changements qui mettent en cause l’objet et la nature de l’UNSS.

Depuis 2001, rares ont été les années sans attaques contre le sport scolaire du second degré. Rappelons-nous, par exemple, 2007 : dans la seule académie de Versailles, le recteur et ses conseillers avaient arrêté une liste de 276 établissements où un forfait AS devait être supprimé dans le cadre de la mise en place du décret de Robien. Mais l’abrogation de ce décret n’a pas découragé ceux qui continuent de penser que le service public du sport scolaire du second degré, cette spécificité française, est une anomalie. Trois évènements pour preuve :

 

1- l’insistance ministérielle, relayée par le Directeur de l’UNSS, à vouloir contraindre les AS à mettre le doigt dans l’engrenage du volet sportif de l’accompagnement éducatif, doit être appréhendée avec lucidité. S’il ne s’agissait – comme cela est régulièrement présenté – que d’argent à récupérer pour le fonctionnement des AS, pourquoi alors ne pas directement verser les sommes considérables investies dans ce dispositif aux AS et à l’UNSS ? Nous pensons que le Ministère a d’autres idées en tête. En tout cas, nous invitons nos collègues à ne rien faire qui puisse mettre en concurrence l’AS, dont l’existence obligatoire est consubstantielle du service public du sport scolaire et du fonctionnement de l’UNSS, et le volet sportif de l’Accompagnement Educatif, dispositif facultatif, sans contenu ni exigence.

 

2- vous savez que nos collègues directrices et directeurs des services départementaux et régionaux de l’UNSS ont changé : avant le 1er Novembre 2009, ils étaient rémunérés par l’Education nationale. Depuis cette date, le Ministère a imposé qu’ils soient placés en position de détachement et sont désormais salariés de droit privé de l’UNSS. Ils sont désormais recrutés sur la base d’un « contrat individuel » de travail et reçoivent une lettre de mission qui « sera le témoin du développement local du sport scolaire » (selon les termes du directeur), fixant notamment les objectifs à atteindre dans le cadre d’une répartition 70/30% des crédits d’animation qui seront attribuées par la Direction nationale à chaque service, les 30% étant soumis à un fléchage obligatoire décidé par nos collègues les cadres de l’UNSS. Le SNEP a contesté et dénoncé cette approche qui vise à faire de l’UNSS une « entreprise » et à conditionner l’attribution des crédits d’animation à des choix qui nous échappent. Nous le disons tranquillement mais fermement : l’UNSS n’a rien à gagner de la mise en place de hiérarchies intermédiaires et encore moins de la subordination des enseignants d’EPS les uns par rapport aux autres. L’UNSS doit rester le service public du sport scolaire du second degré et doit fonctionner démocratiquement, au sein et sous la responsabilité de l’Education nationale.

 

3- le SNEP avait été « interpellé » depuis quelque temps par la propension du nouveau directeur national à vouloir considérer l’UNSS comme une « fédération sportive » comme les autres. Nous avons ensuite découvert (lors du CA du 9 Décembre 2010) que l’UNSS était présentée comme « la fédération sportive de l’Education Nationale des collèges et des lycées ». Nouveau questionnement.  Et c’est lors du dernier Conseil d’Administration (le 5 Avril 2011) que le directeur, avec l’aval du représentant du Ministre de l’EN et de tous les membres du CA à l’exclusion du représentant du SNEP et des élu-e-s des AS, a dévoilé ses véritables intentions en décidant que les « adultes non élèves » pourraient être licenciés à l’UNSS « pour faire comme dans les autres fédérations sportives ». Or, si les statuts des Associations Sportives  permettent à « des partenaires de la communauté éducative » de s’acquitter « d’une cotisation » (à l’AS), les statuts et le règlement intérieur de l’UNSS précisent clairement que seuls les élèves sont licenciés à l’UNSS. Cette nouvelle opération n’a rien d’innocent : véritable « cheval de Troie », elle fait partie d’un dispositif plus large qui crée les conditions de l’éclatement de l’actuel service public du sport scolaire du second degré.

 

D)   Le prochain « plan quadriennal d’orientation »de l’UNSS  

 

Tout l’enjeu du futur projet national est de savoir quelle orientation l’UNSS va prendre pour les années à venir. Le SNEP et les élu-e-s des AS ont obtenu que les orientations et le contenu soient débattus par toute la profession. Dans la lettre aux cadres (datée du 01.09.2011), le Directeur national écrit : « il est essentiel, comme nous nous y sommes engagés, de consacrer au plan quadriennal d’orientation un temps formel dans les réunions de rentrée. Un bilan synthétiques des assemblées générales devra parvenir à la Direction nationale ».

Il revient donc de mettre concrètement en œuvre les décisions de l’Assemblée Générale de l’UNSS, rappelées par le Directeur national.

Le SNEP considère que la réflexion doit associer toute la profession dans un travail collectif qui n’a rien à voir avec une consultation individuelle par internet.

 

Dans son rôle de représentant des enseignants d’EPS et d’administrateur de l’UNSS, le SNEP continuera à assumer sa responsabilité en portant au débat et au jugement de tous les enseignants d’EPS ses analyses sur l’actualité, sur l’identité et sur les enjeux du sport scolaire. Il continuera à défendre la spécificité de notre statut avec le forfait d’AS de 3 heures dans le service des enseignants d’EPS. Vous devez savoir que cette question sera au cœur des prochaines élections professionnelles. C’est la raison pour laquelle nous vous appelons à participer massivement aux différents scrutins auxquels chacun d’entre nous sera convié et à faire entendre votre voix pour la défense et la promotion du service public du sport scolaire.

 

Preuve que les interventions du SNEP et de la profession sont de nature à peser dans les décisions, le rétablissement en 2012 de vrais championnats de France UNSS juniors seniors en sports collectifs.

 

Comme chacun l’aura compris, une nouvelle fois, le sport scolaire du second degré organisé au sein des Associations Sportives, fédérées par l’UNSS, est à la croisée des chemins. Certains n’ont pas oublié quelques épisodes qui ont marqué l’histoire de l’EPS et du sport scolaire : où en seraient-ils aujourd’hui sans ces plantes vivaces et leurs racines que sont les enseignants d’EPS et le SNEP ? Et que les plus jeunes d’entre nous ne s’y trompent pas : l’histoire n’est pas une science du passé mais une science du présent avec l’épaisseur du temps. Développer et enrichir la palette des couleurs, des formes et des textures du sport scolaire implique de ne pas oublier ce qui a rendu celui-ci pérenne, ses racines ! A cette condition, oui le sport scolaire restera vivace ! Il nous revient de porter haut cette ambition au service des élèves et de notre professionnalité.

 

Bonne rentrée scolaire à tous !

 

Journée nationale du sport scolaire du 21 septembre 2011

 

La journée nationale du sport scolaire, instituée depuis l’an passé, a été fixée - pour la présente année scolaire, par le Ministère - au 21 septembre.

Dans ce cadre, sur la base de la thématique retenue « les valeurs éducatives du sport scolaire, un atout pour réussir », les Associations Sportives sont invitées à organiser des manifestations sportives ouvertes à tous les élèves.

Dans plusieurs académies, les recteurs ont invité les chefs d’établissements à banaliser tout ou partie du mercredi matin afin de permettre au plus grand nombre d’élèves de participer à des tournois, à découvrir les activités proposées par les enseignants d’EPS dans le cadre de l’AS.

Quelles que soient les possibilités offertes et les modalités retenues, il convient de prendre appui sur cette journée pour promouvoir le sport scolaire du second degré, organisé au sein des AS, fédérées dans le cadre de l’UNSS sans, pour autant se plier à des exigences irréalisables qui ont pu, ici ou là, être assignées par quelques autorités académiques éloignées des réalités…

Dans nombre d’établissements, la rentrée a déjà été l’occasion de présenter l’AS, les activités prévues tout au long de l’année, les temps forts mais également le fonctionnement du sport scolaire et ses objectifs (tant au plan sportif que de la formation des jeunes officiels). Le 21 septembre doit être l’occasion de prolonger cette démonstration de vitalité.

Le SNEP appelle les collègues à faire connaître l’AS, dimension originale du service public d’éducation « à la française » dont le dynamisme et le rayonnement passent par le respect du droit de chaque enseignant d’EPS (y compris les TZR affectés à l’année) au forfait de 3h d’AS dans son service hebdomadaire, la reconnaissance officielle du rôle de coordonnateur de district, par la mise à disposition d’installations sportives et  par les moyens accordés pour son fonctionnement (subventions, emplois de cadres UNSS, personnels de secrétariat notamment dans les services départementaux de l’UNSS). Le 21 septembre, on peut, on doit aussi rappeler fortement ces exigences aux autorités concernées.

 

Jean FAYEMENDY